Gaspillage alimentaire

Un problème majeur aux
conséquences désastreuses

Selon la seule étude internationale que nous avons sur le gaspillage alimentaire à ce jour, on gaspillerait le tiers de l’alimentation mondiale produite chaque année, soit environ 1,3 milliards de tonnes de nourriture (1).

Et ça, c’est une quantité plus que suffisante pour nourrir tous les humains qui souffrent d’insécurité alimentaire sur Terre.

Ce gaspillage se produit à toutes les étapes du cycle de vie des aliments : dans les champs, les usines de transformation, les centres de distribution, les épiceries et supermarchés, les restaurants, les cafétérias, les foyers, etc. Il est très difficile à l’heure actuelle de connaître la part réelle de responsabilité de chacun des secteurs (les chiffres varient grandement d’une étude à l’autre) puisque le gaspillage est difficile à quantifier et peu de données des secteurs privés sont accessibles. Ce qui est toutefois certain et connu, c’est que les quantités sont gigantesques à toutes les étapes et que les conséquences sont désastreuses.

En effet, lorsque l’on gaspille un aliment, on gaspille aussi toutes les ressources qui ont été consommées de sa production jusqu’à sa fin de vie : engrais, pesticides, eau, carburant, électricité, emballages, etc. Imaginons donc toutes les ressources gaspillées et la pollution engendrée inutilement par les quelque 1,3 milliards de tonnes d’aliments que l’on gaspille chaque année… C’est ainsi que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que, si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre dans le monde après la Chine et les États-Unis (2), ce qui devrait en faire une priorité en matière de lutte aux changements climatiques.

Au Canada seulement, on gaspillerait plus de 11 millions de tonnes d’aliments potentiellement comestibles par année selon l’étude la plus récente (3).  

Tout ce gaspillage a évidemment aussi d’énormes conséquences économiques. Au Canada, les pertes économiques relatives au gaspillage alimentaire sont estimées à plus de 100 milliards de dollars par année lorsque l’on considère tous les coûts cachés liés au gaspillage (4). Puis ces pertes économiques dans la chaîne agroalimentaire se reflètent inévitablement dans le prix des aliments payés par les consommateurs en bout de ligne, faisant grimper la facture d’au moins 10% (4). Enfin, les Canadiens jetteraient eux-mêmes à la maison en moyenne de 300$ à 460$ d’aliments par personne par année (5).

Voilà autant de raisons pour lesquelles il est crucial de lutter contre le gaspillage alimentaire à toutes les étapes du parcours des aliments. Heureusement, il y a de nombreuses organisations qui s’y attaquent déjà, ici et ailleurs, et ce n’est que le début!

Éric Ménard, coordonnateur et fondateur du RÉGAL

Sources :